Généralités

L’AFRIQUE …..ET l’EDUCATION AU DEVELOPPEMENT
 
 
SOMMAIRE
 

 

 

  • LES INSTRUCTIONS OFFICIELLES
  • LES OBJECTIFS
  • LES ENJEUX
  • POURQUOI L’AFRIQUE ?
  •  
LES INSTRUCTIONS OFFICIELLES
INSTRUCTIONS PÉDAGOGIQUESÉducation au développement et à la solidarité internationaleNOR : MENE0502108N
RLR : 525-0
NOTE DE SERVICE N°2005-181 DU 4-11-2005
MEN
DESCO A9
DRIC

Texte adressé aux rectrices et recteurs d’académie ; aux vice-recteurs ; aux inspectrices et inspecteurs d’académie, directrices et directeurs des services départementaux de l’éducation nationale ; aux présidentes et présidents d’université ; aux directrices et directeurs d’école primaire ; aux déléguées et délégués académiques aux relations internationales et à la coopération


Dans le cadre de l’éducation à l’environnement pour un développement durable, l’éducation au développement et à la solidarité internationale vise à faire comprendre les grands déséquilibres mondiaux et à encourager la réflexion sur les moyens d’y remédier.
Elle entend donner aux jeunes des clés pour mieux s’orienter dans le monde dans lequel ils vivent et mieux analyser la multiplicité d’informations auxquelles ils sont confrontés.
Elle contribue à faire évoluer les mentalités et les comportements de chacun dans le but de construire un monde plus juste et solidaire. L’éducation au développement et à la solidarité internationale peut s’effectuer dès le plus jeune âge et dans toutes les disciplines.
Elle s’inscrit dans les dispositifs pédagogiques existants, tels que les itinéraires de découverte au collège, les projets pluridisciplinaires à caractère professionnel en lycée professionnel et les actions éducatives inscrites dans les projets d’école et d’établissement.
Quatre thèmes privilégiés
Parmi les grands thèmes d’actualité traités aux Nations unies et à l’UNESCO, quatre se prêtent particulièrement à la sensibilisation des enfants et des jeunes au développement et à la solidarité internationale :

- les droits humains : civiques et politiques, économiques, sociaux et culturels ;

- le développement durable ;

- la diversité culturelle ;

- l’éducation de qualité pour tous.

Acteurs et partenaires
Les établissements scolaires sont invités à s’attacher le concours des collectivités territoriales, ainsi que celui d’intervenants extérieurs qualifiés et d’associations de solidarité internationale offrant toutes garanties au regard du service public.
Parmi elles figurent :

- La plate-forme française d’éducation au développement et à la solidarité internationale (Educasol) qui fédère 25 ONG, et quatre campagnes de sensibilisation de dimension nationale (Alimenterre, la Semaine de la solidarité internationale, Demain le Monde et le Collectif “de l’éthique sur l’étiquette”). Educasol a une fonction de représentation du milieu associatif en matière d’éducation au développement et à la solidarité internationale. Elle anime des groupes de travail qui permettent des échanges de pratiques pour améliorer l’impact des actions engagées. Elle propose également aux enseignants un appui méthodologique, des publications ainsi que deux bases de données, l’une sur les outils pédagogiques et l’autre sur les échanges d’expériences éducatives (tél : 01 44 72 07 71 http://www.educasol.org/).

- RITIMO : ce réseau de 45 centres de documentation et d’information pour le développement et la solidarité internationale propose également des bases de données bibliographiques consultables sur le site http://www.ritimo.org/

- Le Forum des organisations internationales issues des migrations (FORIM) promeut des actions centrées sur l’intégration, la lutte contre les discriminations et l’échange culturel, tout en contribuant au développement des pays du Sud. De nombreuses associations membres du FORIM assurent une mission d’information, d’accompagnement et d’éducation (http://www.forim.net/).

- Les “espaces régionaux d’appui, d’échange et de concertation pour les acteurs de la coopération”, implantés dans une dizaine de régions, peuvent constituer des lieux de ressources locales pertinentes (liste sur le site http://centraider.org/

- Le Comité français pour l’UNICEF constitue également un partenaire privilégié pour la communauté éducative (ressources pédagogiques, interventions de bénévoles dans les établissements scolaires, clubs UNICEF). Pour en savoir plus http://www.unicef.fr/et les comités départementaux de l’UNICEF.

 
Des temps forts
En matière d’éducation au développement et à la solidarité internationale, l’année scolaire est marquée par des temps forts qui constituent autant d’opportunités de mettre en valeur initiatives et projets :
• 16 octobre : la Journée mondiale de l’alimentation et la campagne Alimenterre pour une agriculture viable et durable. À cette occasion comme pendant le reste de l’année, le Comité français pour la solidarité internationale et 150 associations partenaires de la campagne Alimenterre proposent des actions de sensibilisation dans les établissements scolaires, ainsi que des dossiers pédagogiques et des expositions qui peuvent être commandés ou téléchargés sur le site 
http://www.cfsi.asso.fr/ et 01 44 83 88 56.
• 12-20 novembre : la 8ème Semaine de la solidarité internationale se déroulera partout en France, en particulier à l’école (près de 700 animations sur 2 400, en 2004). Impulsé par de nombreuses associations et collectivités territoriales, coordonné par le Centre de recherche et d’information pour le développement, soutenu par les ministères chargés de l’éducation nationale, de l’agriculture et des affaires étrangères, ce grand rendez-vous annuel d’information et de sensibilisation à la solidarité internationale invite la communauté éducative à engager des projets en ce sens. Il propose notamment des pistes d’action et des soutiens financiers. (
http://www.lasemaine.org/).
Dans le même temps, les universités du Nord (Valenciennes, Lille, Artois et Littoral) organiseront la 4ème semaine de la solidarité internationale à l’université sur le thème “éducation et développement”.
• Avril : la Semaine mondiale de l’éducation relaiera la Campagne mondiale pour l’éducation qui, conformément aux objectifs du millénaire, promeut le droit à une éducation gratuite et de qualité pour tous afin de réduire la pauvreté. Animée par Solidarité laique, cette campagne propose des activités et des outils pédagogiques (
http://www.solidarite-laique.asso.fr/).
• Mai : la quinzaine de l’école publique mettra en exergue la campagne “Pas d’école, pas d’avenir !”. Cette opération de sensibilisation et de solidarité soutient des projets d’appui à l’éducation dans des pays du Sud et de l’Est. Des ressources pédagogiques sont disponibles en ligne.
(
http://www.solidarite-laique.asso.fr/ ou http://www.laligue.org/).
• Juin : la quatrième édition de la Semaine du développement durable, organisée par le ministère de l’écologie et du développement durable, rassemblera tous les porteurs de projets liés au développement durable.
(
http://www.ecologie.gouv.fr/).
Tout au long de l’année, sont proposées à la communauté éducative des campagnes pérennes telles que “Demain le monde…” . Son édition 2004-2006 a pour thème “les migrations pour vivre ensemble “. Animée par un collectif d’associations de solidarité internationale, d’éducation populaire, de défense des droits de l’homme et d’associations de migrants et coordonnée par Solidarité laïque, la campagne “Demain le monde” a vocation de sensibiliser le grand public à travers les jeunes en proposant des outils pédagogiques et des initiatives pour susciter débat, réflexion et action. Elle propose également des labels qui encouragent financièrement des projets locaux.
(
http://www.demain-le-monde.org/).
C’est aussi, pour cette année, l’occasion de s’associer à l’opération lancée par le ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, afin d’apporter un aide à la re-scolarisation des pays d’Asie qui se trouve être un enjeu humanitaire d’urgence. (
http://www.education.gouv.fr/).
Dans ce même sens, les “parcours civiques” proposent aux enseignants de construire des projets pédagogiques en s’appuyant sur de multiples initiatives, ressources et campagnes associatives.
(
http://www.cidem.org/).
Les outils
En complément des ressources pédagogiques mentionnées précédemment, sont recommandés deux ouvrages pratiques et méthodologiques publiés par le SCÉRÉN :

- “Pour une éducation au développement et à la solidarité internationale – Guide pédagogique école, collège, lycée, hors temps scolaire”, CRDP de Franche-Comté, septembre 2004 ;

- “Éduquer au développement et à la solidarité internationale : pour une citoyenneté ouverte sur le monde”, CRDP de Strasbourg, novembre 2000.

Bilan des actions
Un suivi des actions d’éducation au développement et à la solidarité internationale sera effectué au niveau national. Il constitue un volet de l’évaluation de l’éducation à l’environnement pour un développement durable. Chaque recteur veillera à coordonner l’action des divers réseaux concernés ainsi que les actions mises en place dans les établissements.
En fin d’année scolaire 2005-2006, chaque rectorat adressera la synthèse des informations de son académie à la direction de l’enseignement scolaire et à la direction des relations internationales et de la coopération.
Je vous remercie de prendre toutes les dispositions nécessaires pour que l’information sur ces possibilités d’actions éducatives soit largement disponible (affichage en salle des professeurs ou au centre de documentation, présentation en réunion…) afin, notamment, que les initiatives des enseignants puissent être intégrées dans le projet d’école et dans le projet d’établissement.

Pour le ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche
et par délégation,
Le directeur de l’enseignement scolaire
Roland DEBBASCH
Le directeur des relations internationales et de la coopération
Marc FOUCAULT

C :\WINNT\Profiles\leclerc\Temporary Internet Files\Content.IE5\KVOJSNWB\Bulletin officiel n° 41 du 10 novembre 2005.htm
 
 
LES OBJECTIFS
 
Trois sortes d’objectifs
  1- Des objectifs de connaissances :
  Connaître à des échelles géographiques différentes :
– des situations de développement,
– des exemples de mises en valeurs avec leurs problématiques sur l’environnement,
– des sociétés et des peuples divers confrontés aux problèmes de développement.
 2- Des objectifs d’attitude :
  Comprendre :
– les relations qui existent entre les données politiques et géopolitiques, démographiques. économiques, sociales et culturelles appliquées à des sociétés organisées,
– des relations d’interdépendance qui régissent le monde,
– plus spécifiquement, les relations Nord-Sud.
  Favoriser un enrichissement culturel :
Par la connaissance d’autres modes de vie, d’autres modes de pensée et par là-même, une ouverture à la compréhension internationale, dans un état d’esprit de tolérance, de respect, de refus du racisme.
   3- Des objectifs de comportement :
  Encourager des pratiques d’échange, de partenariat, de coopération, de solidarité.
 
 
 
 
Le concept aujourd’hui :
L’Education au Développement vise à entamer une réflexion analytique et critique sur les relations entre le Nord et le Sud.
C’est une éducation qui cherche un changement de valeurs et d’attitudes individuelles et collectives pour un monde meilleur.
C’est une manière particulière d’envisager l’acte éducatif.
 
 
 
3- LES ENJEUX
 
Pour la société :
 
« Le rôle de l’école est d’intégrer un petit homme dans la communauté humaine, de transformer un individu en personne. Répétons-le : éduquer c’est e-ducerer, c’est conduire un jeune hors de lui-même, le faire exister dans les échanges qu’il vit avec les autres. C’est donc de l’introduire dans le réseau des frères humains…C’est parce que nous sommes différents que notre fraternité a du sens… » Albert Jacquard
 
Pourquoi les enfants (adultes de demain) ?
L’Education au Développement induit chez les enfants des savoirs, des savoir-faire mais surtout des savoir être.
Cette éducation développe chez les enfants une meilleure connaissance des autres cultures. Avec ceci, les enfants dépassent leurs préjugés ainsi la relation avec les autres devient possible.
L’enfant se construit grâce aux regards de l’autre. C’est parce que l’autre est différent qu’il participe à notre existence. L’apport de l’autre est d’autant plus grand que la différence avec soi-même est plus grande.
Un apprentissage des images et des perceptions aide les enfants à devenir plus conscients de l’impact des idées préconçues. Cela conduit à modifier les attitudes des enfants envers les immigrés.
La condition première de toute communication est le respect.
L’enfant développe son esprit d’analyse et sa capacité critique.
Il ne s’agit pas d’une discipline à part entière mais l’Education au Développement doit être traitée en interdisciplinarité avec une construction active des savoirs.
L’esprit de coopération sera mis en valeur plutôt que la compétition, la concurrence ou l’individualisme.
Par l’apprentissage au respect et à la tolérance, l’enfant deviendra plus sensible aux diversités qui lui sont proches et aux richesses que cela peut lui procurer. Il apprendra à tenir compte de ces diversités et des compétences de chacun au sein de la classe pour réussir dans ses apprentissages.
 
 
En pour les parents ?
Les parents peuvent être très actifs dans ce type de projet par l’apport de témoignages et de documents. Cela peut être un moyen de valoriser la différence culturelle entre les familles.
Si l’attitude d’ouverture reste basée sur la découverte des autres, de leur richesse par leur différence sans jugement, les parents d’origine immigrée se sentiront plus intégrés à l’action pédagogique.
 
 
Et les enseignants ?
En général, les principales actions sont des actions de solidarité ayant un impact très limité dans le temps et dans les finalités. Elles limitent les enseignants à donner une vue misérabiliste de ce qui se passe dans les pays du Sud. Il ne s’agit pas d’échange mais d’un apport unilatéral. Ces actions de solidarité répondent à un besoin d’aide d’urgent sur le terrain et ne résultent pas d’une demande après échange et communication.
On s’adresse principalement à la charité. Or cette conception ne développe que l’assistanat et n’entre pas de façon active dans une démarche positive pour l’avenir.
Cependant la connaissance, les échanges, la communication pourront ensuite aboutir à une action de solidarité.
Les enfants construisent leur modèle de citoyen à l’école. L’école est le premier lieu de citoyenneté où l’enseignant lui donne des repères dans cette « microsociété »
Mener un projet d’équipe basé sur l’ouverture aux autres, le respect et la tolérance a des conséquences plus importantes sur le vécu entre enseignants. Il vise aussi à changer le regard entre collègues et l’attitude encore trop solitaire des enseignants.
De même, la relation enseignant-enseigné peut être imprégnée du respect de l’altérité. L’apprentissage devient un moyen pédagogique d’ouverture à l’autre et contredit des relations trop souvent unidirectionnelles.
 
Et pour le Sud ?
C’est changer les mentalités ici pour mieux agir là-bas.
Les partenaires des pays du Sud se sentent moins seuls dans leurs difficultés. Cela favorise aussi leur ouverture vers l’extérieur et peut aussi développer les réseaux Nord/Sud mais aussi Sud/Sud.
 
S’interroger sur les causes du mal développement et pas seulement sur les conséquences (faim, misère…) entraîne une remise en question de nos propres pratiques. Cela permet aussi de réfléchir sur les relations complexes d’interdépendance. Il s’agit donc de concevoir des relations équitables sur un long terme pour permettre une justice sociale, une résolution non violente des conflits.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
POURQUOI L’AFRIQUE ?
 
L’actualité montrant la pauvreté, la corruption, les problèmes ethniques, la baisse des prix des matières premières, le Sida, …donne une vision de l’Afrique plutôt pessimiste.
« La sécheresse qui frappe la Somalie touche également d’autres pays du nord-est de l’Afrique. Les pays les plus concernés sont l’Ethiopie, le Kenya et Djibouti. » (Courrier international – 21 févr. 2006)
« L’Afrique désarmée face à la grippe aviaire Après l’apparition du virus H5N1 au Nigeria, le continent noir commence à s’affoler car il n’a pas les moyens de lutter efficacement contre la propagation de ce fléau. » (Courrier international – 16 févr. 2006)
« Des douzaines de multinationales occidentales réalisent des millions d’euros de bénéfices en exploitant les ressources biologiques de l’Afrique, prises à certains des pays les plus pauvres de la planète sans que ces derniers reçoivent le moindre centime en retour ». (Courrier international – 20 févr. 2006)
Cependant, l’Afrique n’est pas un continent uniforme, il existe des différences importantes entre l’Afrique du Nord arabe et musulmane, l’Afrique sub-saharienne et l’Afrique du Sud marqué par l’apartheid.
Il existe des lieux de prospérité, des capacités d’initiative. La richesse de l’Afrique ne vient pas seulement de ses ressources mais aussi de ses valeurs et de ses diversités culturelles.
De plus, l’art africain reflète la richesse de l’histoire, de la philosophie, de la religion et des sociétés de ce grand continent. Il a inspiré certains des courants les plus importants de l’art moderne du monde occidental
 
 » J’appelle aussi la Communauté internationale – a conclu Benoît XVI – à ne pas oublier l’Afrique, en poursuivant notamment des actions courageuses et déterminées pour consolider la stabilité politique et économique «